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Éducation à la sexualité : animations en milieu scolaire

L’objectif de nos interventions, en accord avec les circulaires de l’Éducation nationale, est d’arriver à se questionner avec les jeunes sur ce qu’est pour elles et eux une vie affective, relationnelle et sexuelle épanouie et consentie, dans le respect de soi-même et de l’autre. Cela implique de travailler avec eux sur tout ce qui pourrait constituer un frein à cet objectif, notamment les différents risques sexuels (grossesse non désirée, IST, violences, etc.).

Ces actions sont fondées sur l’écoute et s’appuient sur des méthodes d’intervention interactives et participatives à partir d’outils théoriques  : le counseling, la réduction des risques liés à la sexualité, et l’approche de genre. Nos interventions ne prennent pas la forme d’un discours, ni même d’un cours sur la sexualité. Il s’agit bien plus d’instaurer un temps et un espace de dialogue, de débat, permettant aux élèves de susciter leur réflexion, de s’exprimer sur les sujets et les préoccupations qui les concernent. Nos interventions en milieu scolaire sont évolutives en fonction de l’âge des élèves et de leurs demandes. Les animatrice-eurs de prévention et/ou conseillères conjugales et familiales qui interviennent ne se limitent pas à l’écoute, mais entendent aussi leurs questionnements, transmettent des informations de manière claire, précise et accompagnent la réflexion de groupe. Le souci principal des intervenant-es est d’être au plus proche des attentes et des questionnements des élèves. Les séances se font en demi-classe, principalement en non-mixité, dispositif essentiel pour favoriser les échanges et libérer la parole. Si les thématiques sont les mêmes dans les groupes de filles ou de garçons, elles sont néanmoins abordées de manière différente.

Dans les groupes de filles, le contrôle de la sexualité féminine est souvent questionné à travers le sujet des réputations  : «  ce ne sont que les filles qui ont des réputations, elles n’ont pas à coucher  », de la virginité  : «  c’est vrai qu’on peut voir si une fille est vierge  ?  », «  il ne faut pas trop laisser de liberté aux filles sinon elles font n’importe quoi  » et du plaisir, comme si le plaisir féminin était inexistant  : «  une fille crie parce qu’elle a mal, un garçon crie parce qu’il a du plaisir  ». Les enjeux autour de la sexualité féminine plutôt perçue comme dévalorisante, dévalorisée et de soumission, ne sont pas du tout les mêmes que pour la sexualité masculine perçue, elle, comme valorisante et de domination.

Dans les groupes de garçons, c’est la peur d’être déchu de leur statut «  d’être viril  » qui rend difficile pour eux l’expression des affects et de leurs craintes. Ils parlent beaucoup de leurs peurs liées à la sexualité, notamment au premier rapport puisqu’ils sont censés être des «  performeurs du sexe  » (peur d’être mauvais, de ne pas donner de plaisir, d’avoir un trop petit pénis, d’être éjaculateur précoce, de ne pas savoir mettre un préservatif, etc.).

Ces rapports de domination du masculin sur le féminin enferment les filles comme les garçons dans des représentations stéréotypées de leur sexualité, de leur rôle et de leur place dans la société.

Ainsi, les assignations sociales liées au sexe et la déconstruction des stéréotypes de genre sont au cœur de nos échanges avec les élèves. Tout ce qui concerne le rapport au corps, le rapport à l’autre, l’image de soi, les relations familiales, amicales, la vie dans l’établissement, les discriminations, l’entrée dans la sexualité, la morale, la violence, etc., est traversé par la question du genre. C’est-à-dire par les représentations de la féminité et de la virilité et par la contrainte sociale à devoir être un homme ou une femme. Parmi les questions d’actualité, la question du racisme a, elle aussi, souvent été abordée. Les élèves se sont souvent saisis de cet espace de parole afin d’exprimer leurs vécus et affects par rapport au racisme ordinaire et institutionnel. Il est intéressant de noter que le fait d’écouter les élèves sur les discriminations racistes et de discuter avec eux de ce sujet permet de travailler autrement la question de l’homophobie, notamment en partant des vécus que peuvent engendrer les discriminations envers les homosexuel-les.

La confiance accordée au Planning Familial 13 n’a pas été entamée par la polémique sur le genre. Le personnel des établissements (professeurs ou membres de l’équipe éducative) est toujours présent lors de nos interventions. Il est témoin de notre approche qui tend à visibiliser les attentes liées aux rapports sociaux de sexe et à les questionner en respectant et en faisant respecter les positions en présence. Les animatrice-eurs insistent sur la nature des discriminations et leurs conséquences, et s’attachent aussi à responsabiliser les élèves en revenant sur les rôles de témoins ou d’oppresseurs qu’ils peuvent exercer, volontairement ou non (ex.  : harcèlement, réputation, etc.).

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Une représentation de théâtre forum

P.-S.

Texte repris du Rapport d’activité 2014 paru en mai 2015 : http://www.leplanning13.org/Rapport...

Mouvement Français pour le Planning Familial des Bouches-du-Rhône
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